ACTE 2

Acte 2

Nous sommes en guerre…

Nous sommes en guerre contre la violence de l’extrême centre macroniste comme celle de l’extrême droite des Le Pen.
Nous sommes en guerre contre la haine et l’ignorance qui sont les deux seuls moteurs du vote Le Pen, les deux venins historiques de nos sociétés, mais nous sommes aussi en guerre contre ceux qui soufflent sur les braises et entretiennent cette flamme pour diviser toujours plus et régner plus longtemps. 

Nous sommes en guerre contre ce socle macroniste et son mépris de classe, cette France qui va bien ou qui le croit, et surtout qui emmerde tout ceux qu’elle peut regarder de haut. En guerre contre cette « gauche libérale » qui a préféré saboter Mélenchon et cet autre monde possible tout en sachant depuis longtemps qu’elle appellerait à voter macron, jouant pleinement son rôle dans le triomphe de ceux que nous pouvions terrasser.

Mais nous sommes surtout en guerre contre ce système politique, cette 5ème République qui vient à nouveau de faire la démonstration qu’elle est incapable de nous protéger de ces différents fléaux ni même de les identifier. Ces cinq dernières années, l’accumulation de scandales d’États, d’atteintes à nos droits et libertés, d’alertes à tous les niveaux, sociaux, écologiques, économiques, démocratiques et de crises dans de nombreux secteurs de la société, tout nous a prouvé qu’il n’y avait plus de temps à perdre.

Ce qui se joue est de l’ordre de la survie sociale mais eux nous parleront jusqu’au bout d’immigration ou d’islamo-gauchisme pour nous distraire, nous hystériser, nous diviser, nous condamner à leur coup d’état permanent, leur « front républicain », leur macrolepénisme… 
Rejouer ce même scénario dans lequel nous sommes piégés depuis vingt ans — entre un candidat du système détesté par une forte majorité de Français et un épouvantail détesté par un poil plus de monde —, nous prouve que la voie électorale n’est plus une option, et par conséquent la voie légale pas plus.

Mais pour avancer de telles propos, il faut d’abord être très clair : 

 

Ces élections sont truquées !

La famille Le Pen, avec la complicité du gouvernement en place et de l’ensemble des grands médias, vient à nouveau de séquestrer le second tour de l’élection présidentielle avec son programme clairement anticonstitutionnel, qui bafoue de nombreux droits fondamentaux et internationaux, et nous mettrait rapidement au ban des Nations. Sous Pétain comme sous Le Pen, cette « priorité nationale » et ce racisme économique représenteraient une rupture brutale avec le cadre républicain et c’est bien pour cette raison que l’ensemble de la classe politico-médiatique nous appelle encore à faire barrage face au péril….

Le Front National (aujourd’hui RN) ainsi que la personne de Marine Le Pen sont également impliqués dans toute une série d’affaires de corruption au plan national, européen et international dont suffisamment d’éléments sont sur la table pour actionner la justice… mais rien, désespérément rien.
Pas une institution, pas un journaliste, pas même un candidat à cette présidentielle n’aura confronté sérieusement Marine Le Pen sur ces deux points fondamentaux : le caractère anticonstitutionnel de son projet et son implication dans de complexes réseaux de détournements de fonds publics, notamment pour financer ses campagnes. Ces deux questions essentielles auraient du occuper l’ensemble des médias durant toute cette séquence politique, comme dans ces nombreux pays qui nous distancent maintenant au classement international des démocraties. Mais ici rien !

Rien non plus contre le président-candidat ; rien sur les mutilations pour l’exemple restées impunies, c’est-à-dire rien sur ces cinq années de « stratégie de la terreur » ; rien sur la trentaine d’affaires qui concerne des membres de son gouvernement — contrastant avec ses belles promesses d’une République exemplaire ; rien sur tout ce flou, son absence d’un programme clair et chiffré, cette absence de débat, de militants ; rien sur ce rejet majoritaire des Français et rien sur le fait que la macronie ait tout mis en œuvre depuis cinq années pour nous conduire exactement là où nous en sommes aujourd’hui.

Au lieu de cela Marine Le Pen est comme toujours surestimée dans les sondages et la France Insoumise largement sous-estimée et constamment découragée comme doivent l’être les nombreux dégoutés de notre politique. L’ultra concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires permet aussi cette manipulation profonde et constante que nous documentons régulièrement, conjointement avec d’autres médias : cette censure et auto-censure devenues la règle, ce manque de pluralité, non-respect des temps de parole, cette diabolisation systématique de la gauche de rupture, de l’écologie radicale ou de l’antiracisme et cette dédiabolisation des idées xénophobes… Tout nous confirme que ces élections sont truquées, c’est-à-dire que la compétition y est complètement déloyale.

Ces élections sont en effet organisées quasi exclusivement par et pour la classe bourgeoise qui déploie des moyens colossaux pour faire barrage à toutes revendications démocratiques, aux candidats et partis qui les portent, et à tout espoir de changement, depuis bien trop longtemps ! Une véritable machine de guerre contre laquelle il est devenu impossible de s’opposer, de contester : une impasse fascisante qui nous mène tout droit à la guerre civile. Le front républicain invoqué en chœur face à cette menace  estimée à 49% d’intentions de vote au second tour en est la preuve évidente.

La machine a encore « bien fait » son travail et nous voilà à nouveau face à un énième faux duel rejeté par 75% des français entre deux candidats du système parfaitement d’accord pour continuer la même politique néolibérale imposée par l’Union européenne et le patronat et qui n’ont aucune intentions de répondre à nos aspirations démocratiques, écologistes et sociales. Cela nous met en droit d’appeler au boycott de cette farce électorale !

À travers les médias militants ou citoyens, sur les réseaux sociaux comme sur le terrain, nous appelons au boycott de cette mascarade : ce second tour de la présidentielle, c’est-à-dire autant les campagnes des deux candidats, comme toute la continuité de ce processus électoral déjà pacté par la classe politico-médiatique. L’abstention est un droit, l’appel au boycott également et l’objectif pour nous maintenant est de populariser l’idée et construire ensemble la réalité d’une grève civique qui passe, entre autre, par l’abstention collective en tant qu’acte politique !

 

Nous n’attendrons pas cinq ans de plus !

Depuis dimanche soir nous sommes fixés sur les 5 années à venir pour ce qui est de la question sociale, écologique, économique ou démocratique. Les travailleurs en lutte et l’ensemble des mouvements sociaux n’ont pas besoin d’attendre les deux semaines qui nous séparent du second tour pour savoir que la retraite, le chômage, nos services publics ou encore notre sécurité sociale sont sur la liste des prochaines batailles, sans parler de l’impasse politique dans laquelle nous nous trouvons en ce qui concerne tous les autres combats, écologistes, antifascistes, féministes…

Notre appel s’adresse donc aux millions de déçus du résultat et à ceux qui ne se faisaient déjà plus d’illusion sur les élections : la radicalité doit maintenant passer à un stade supérieur, autant dans nos discours que dans nos modes d’action tout en continuant de revendiquer et d’insister sur la cohérence politique de toute cette séquence. De notre côté, cette radicalité est totalement assumée d’autant plus qu’elle a été annoncée des mois à l’avance telle un avertissement face aux malversations désormais classiques de la classe dominante. Nous sommes d’autant plus légitimes car nous avons respecté et parfois même encouragé la participation au vote. Nous avons aussi démontré que nous portons un réel projet de société : la nécessaire réécriture des règle du jeu à travers un processus constituant. Cette étape étant arrivée à ses limites, un second chapitre doit s’initier.

Le mouvement des places doit s’amplifier, le printemps des luttes doit fleurir à nouveau, mobiliser l’ensemble de nos contre-pouvoirs populaires, s’adresser même à la communauté internationale, et au-delà de l’abstention et du large front antifasciste qui commencent déjà à s’organiser c’est aussi une véritable grève générale illimitée et un possible mouvement insurrectionnel anticapitaliste qui doivent commencer à se projeter en réponse à toutes les attaques qui s’annoncent. Nous avons déjà une date pour concentrer nos efforts et notre colère : le 24 avril une nouvelle page peut s’écrire (voir l’acte 3). Tous ces évènements nous dépasseront sûrement et nous l’espérons, mais nous garderons le cap car nos idées sont claires et notre choix est réfléchi depuis plusieurs mois : il n’y a pas de vote utile possible entre la droite extrême et l’extrême droite ! Chaque voix vient légitimer ce scénario et ce système caduque !

Alors bien sûr, ce boycott n’arrivera probablement pas à faire annuler l’élection juridiquement, mais l’objectif visé est tout d’abord de rendre illégitime aux yeux de tous la victoire de ce nouveau président ou cette nouvelle présidente, et par la même occasion, de rendre légitimes nos futures luttes contre lui, ou elle.
La répression que ce ou cette président.e exercera contre notre mouvement pro-démocratie et l’ensemble de nos luttes ne sera pas reçue de la même manière si sa victoire est de 66% comme Macron en 2017 (en réalité 44%) ou si nous arrivons à faire exploser comme jamais l’abstention, les votes blancs et nuls obtenant la majorité absolue.

Les grands médias français joueront sûrement le jeu, mais nous pourrons compter sur la presse internationale et sur notre presse indépendante et nos contre-pouvoirs populaires, à nous maintenant de rendre notre lutte multitudinaire. Ce boycott sera populaire s’il tient sur une proposition concrète : un processus destituant, dans la pluralité des tactiques, pour obtenir enfin le processus constituant exigé depuis des années ! Nous n’attendrons pas cinq ans pour tenter d’achever cette lutte. Une réécriture complète des règles du jeu est plus que nécessaire et c’est durant les prochaines semaines, alors que cette Vème République est la plus vacillante, que nous devons lui donner le coup de grâce !

Ceux qui peuvent attendre 2027 en encaissant le macrolepénisme ou pire, appeler à voter Le Pen dans une dynamique « tout sauf Macron », le peuvent par privilège. La police qui nous mutile vote déjà majoritairement pour Le Pen et sera utilisée de la même manière par cette dernière pour nous faire accepter les mêmes politiques antisociales. Ceux qui misent tout sur les législatives oublient vite la manière dont ces élections bourgeoises sont manipulées. Les deux candidats en compétition sont d’ailleurs profondément anti-parlementaristes et n’ont aucun respect pour la concertation, il n’y a qu’à voir leur absence totale de démocratie en interne. L’heure est à la dénonciation et à l’entrave de cette supercherie qui ne peut plus durer ! L’heure est au sabotage de ces tentatives illégitimes de prise du pouvoir, dans la pluralité des tactiques ! L’heure est à cette créativité qui ne s’annonce pas à l’avance et que le printemps sait si bien nous inspirer !


Lire le texte complet
« Organiser le boycott« 
Passer à l’acte 3 

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